L’exposition « Formes de l’attention » réunit dix artistes : cinq d’entre elles et eux, enseignant·e·s à l’ENSBA Lyon, invitent cinq autres artistes qui y ont été formé·e·s plusieurs années auparavant. Elle ne s’attache pas à réunir sous une thématique unifiante le travail des dix artistes. Elle prend au contraire le parti de rendre compte de la diversité d’approches du médium photographique. Fanny Béguery, Julien Guinand, Guillaume Janot, Amandine Mohamed-Delaporte et Pascal Poulain invitent ainsi d’ancien·ne·s étudiant·e·s, Valentin Derom, Charlotte Vignes, Anaëlle Vanel, Marine Leleu et Anne-Lise Seusse.
L’exposition s’intéresse d’une part à ces dix pratiques contemporaines qui entretiennent un dialogue étroit avec la variété de champs et de catégories inhérents à la photographie depuis son invention. Qu’il s’agisse d’aborder des fondamentaux, tels le temps, la lumière et la technique, ou de questionner la notion d’imagerie, de point de vue ou de rapport au territoire, chacun·e des artistes fabrique ses images dans un dialogue nourri avec les usages initiaux, et détournés, du médium.
Dans « Formes de l'attention » se pose également de façon latente la question de la transmission au sein d’une école où la photographie, si elle occupe une place importante, n’est pas au cœur de la pédagogie, pas plus que ne le sont d’ailleurs les autres pratiques enseignées. À l’image des dynamiques de formation à l’ENSBA Lyon, la photographie est présentée dans cette exposition comme un médium auquel de jeunes artistes, qui n’aspiraient pas toustes à devenir photographes, ont été formé·e·s par de plus expérimenté·e·s. Par ailleurs, l’exposition souligne que l’apprentissage transmis par un·e praticien·ne, attentif·ve par exemple au réel ou dont les préoccupations sont empreintes d’enjeux documentaires, peut donner lieu à une pratique tendant vers la fiction comme l’abstraction. Cette exposition révèle ainsi que ce ne sont pas tant des esthétiques qui sont en jeu que des manières de convoquer la photographie comme outil, comme technique ou comme finalité.
La notion de transmission n’y est pas abordée à sens unique. Si la relation pédagogique passée a suscité ces rencontres et créé l’opportunité de ces invitations, l’exposition s’applique à présenter toutes les œuvres sur un pied d’égalité. Plus encore, elle valorise ce que les pratiques de la nouvelle génération font à celles de leurs prédécesseurs·euses. Ce rapport de contamination entre artistes constitue un enjeu curatorial central.
La réciprocité y est également abordée du point de vue du rôle de la photographie au sein des pratiques respectives des artistes. Toustes ne se définissent pas nécessairement comme des photographes. Pourtant, la photographie joue chez chacun·e un rôle clé dans leur démarche : elle nourrit tantôt l’appréhension du volume, de l’écriture, de l’édition comme du dessin ; elle passe parfois au premier plan pour revenir plus tard au second plan du travail.
À ce titre, l’exposition proposée s’inscrit en plein dans la 3e thématique de l’appel à projet du Bicentenaire de la photographie : les œuvres présentées témoignent de l’invention permanente sans cesse à l’œuvre au sein du médium, le questionnant de ses multiples usages, de la photographie plasticienne en passant par ses possibles déclinaisons sociales, scientifiques ou éducatives.
Questions fréquentes
- Où se déroule l'exposition ?
- À l'École nationale supérieure des Beaux-arts de Lyon, 8 bis quai Saint Vincent, 69001 Lyon.
- Quelles sont les dates et horaires ?
- L'exposition est visible du 5 novembre au 31 décembre 2026, avec des visites commentées les jeudis à 18h (5, 12, 19, 26 novembre, 3, 10, 17, 24, 31 décembre).
- Quel est le tarif ?
- L'entrée est libre, comme pour toutes les expositions de l'ENSBA Lyon.
Renseignements
8 bis quai Saint Vincent69001 Lyon, Lyon
Dates : du jeudi 5 novembre 2026 au jeudi 31 décembre 2026
Mis à jour le 22 août 2026