Le 24 octobre à 20h30, La compagnie, lieu de création à Marseille propose la projection de Géographies de Chaghig Arzoumanian, suivie d'une conversation entre la réalisatrice et Rasha Salti, chercheuse et curatrice. Cette projection fait suite à la présentation de la performance scénique Elegie d'une disparition, de 19h à 20h à la Friche Belle de Mai.
Le film
Géographies (2015, Liban, 72 minutes, en arménien) est le premier long métrage de Chaghig Arzoumanian. En voix off, la cinéaste, qui a 27 ans, prend en charge le passé de sa famille : prénoms, récits, trajets et photographies transmis par bribes. Sa généalogie arménienne, aux proportions mythiques, se réinscrit dans les paysages d'aujourd'hui. « Les ruines ont fusionné avec la terre », entend-on de la plaine d'Anatolie que ses grands-parents ont quittée enfants au début du génocide arménien. Mais la cinéaste découvre d'autres exils sous cet exil, plus anciens : familles persécutées pendant le sultanat au seizième siècle, enfants épargnés en 1915 par une circoncision médicale, tête coupée d'un époux découverte par sa femme. À cette violence historique répond l'éclat intime d'histoires plus récentes : un homme fabrique trois barques avec une orange, des fruits poussent en surimpression sur un champ stérile. De l'Anatolie, l'exil a mené à Beyrouth, où la cinéaste est née, mais une branche de la famille a bifurqué au Caire, à Damas, Jaffa. La carte devient tapisserie aux couleurs et motifs multiples, une épopée tissée de fils individuels.
Les intervenantes
Chaghig Arzoumanian vit et travaille entre le Liban et la France. Née à Beyrouth en 1988, elle est diplômée de l'Université de Paris VIII, titulaire d'une double maîtrise en cinéma et en valorisation du patrimoine cinématographique, et a été formée à la restauration du film au laboratoire portugais d'archives de films (ANIM). Elle a réalisé plusieurs courts métrages et un moyen métrage, Au retour des marées. Elle a co-monté en 2013 le documentaire E-muet de Corine Shawi, programmé en avant-première au FID Marseille.
Rasha Salti est chercheuse, écrivaine et curatrice d'art et de cinéma. Programmateur au Festival du film international de Toronto (2011-2016), elle est depuis 2017 chargée de programme à l'Unité Société et Culture à Arte France pour La Lucarne. Elle a été co-commissaire de Mapping Subjectivity: Experimentation in Arab Cinema from the 1960s until Now avec Jytte Jensen (MoMA New York, 2010-2012), commissaire de la 10e Biennale de Sharjah (2011), directrice de la première session de l'Académie Résidence RAW centre pour l'art, le savoir et la société (Dakar 2016), et programmatrice des cycles « Palestine : territoire, mémoire, projections » (Mucem, La compagnie, Marseille, 2017). Avec Kristine Khouri, elle a co-commissarié l'exposition Past Disquiet, présentée au MACBA (Barcelone 2015), à la Haus der Kulturen der Welt (Berlin, 2016), au Musée de la Solidarité Salvador Allende (Santiago, 2018), au Musée Sursock (Beyrouth, 2018), au Zeitz MoCA (Le Cap, 2023), au Palais de Tokyo (Paris, 2024) et à Framer Framed (Amsterdam, 2025). En 2026, elle fait partie de l'équipe curatoriale dirigée par Koyo Kouoh pour la 61e Biennale de Venise. Elle a dirigé la publication d'Insights into Syrian Cinema (2006), de Beirut Bereft (2010) et de I Would Have Smiled (2010).
Questions fréquentes
- Quand a lieu la projection ?
- Le 24 octobre à 20h30 à La compagnie, lieu de création, 19 rue Francis de Pressensé, 13001 Marseille. La performance scénique Elegie d'une disparition est présentée de 19h à 20h à la Friche Belle de Mai, avant la projection.
- Où se déroule l'événement ?
- À La compagnie, lieu de création, 19 rue Francis de Pressensé, 13001 Marseille.
- Quel est le programme de la soirée ?
- À 19h, performance scénique Elegie d'une disparition à la Friche Belle de Mai, puis à 20h30, projection de Géographies (2015, 72 min) et conversation entre la réalisatrice Chaghig Arzoumanian et Rasha Salti.
Renseignements
19 rue Francis de Pressensé 13001 Marseille, Marseille
Dates : du samedi 24 octobre 2026
Mis à jour le 22 août 2026