Du 9 au 25 décembre 2026, le Pavillon Populaire, espace d’art photographique de la Ville de Montpellier, consacre une rétrospective inédite à Lucien Hervé, grand maître de la photographie française du XXe siècle. L’exposition, essentiellement composée de tirages argentiques originaux, apporte un nouvel éclairage sur l’œuvre singulière de ce photographe passionné par l’esprit des formes et la puissance créatrice de la lumière. À côté de photographies célèbres, des images et documents méconnus, conservés par son épouse Judith Hervé Elkan ainsi que par différentes institutions publiques et privées, sont présentés.
Un itinéraire singulier
D’origine hongroise, Laszlo Elkan, dont le pseudonyme Lucien Hervé vient de la Résistance qu’il rejoint dès 1940, est souvent rattaché au courant de la photographie humaniste française, aux côtés de Robert Doisneau, Willy Ronis ou Jean Dieuzaide. Peintre de sensibilité communiste, il participe avant-guerre à des actions syndicales et à des reportages pour la revue Marianne, puis s’attache à photographier Paris et les Parisiens après la Libération. Une rencontre décisive avec le père Marie-Alain Couturier, directeur de la revue L’Art Sacré et promoteur de l’art moderne, puis avec l’architecte Le Corbusier en 1949, oriente ses travaux vers une voie singulière : une traduction visuelle allégorique, esthétique et artistique de la pensée architecturale de l’époque, à travers un jeu inégalé de variations entre lumière et ombre.
Cette épopée moderniste, poussée jusqu’aux confins de l’abstraction, l’emmène à Marseille, Nantes, Le Havre, mais aussi à Brasilia, Chandigarh ou Ahmedabad. L’admiration suscitée par son regard attire la curiosité des plus grands architectes de son temps : Alvar Aalto, Marcel Breuer, Kenzo Tange, Oscar Niemeyer, Jean Prouvé. Mais Lucien Hervé est aussi fasciné par les constructions anciennes, des abbayes cisterciennes à l’habitat populaire espagnol ou aux ruines de Persépolis, ainsi que par le dialogue entre les lieux historiques et contemporains, dont il perçoit l’aspiration commune à dialoguer avec le soleil. Loin d’être vides d’individus, ses images sont peuplées de discrets mais multiples personnages, travailleurs, habitants, passants ou sans-abri, dont les silhouettes furtives rappellent la constante empathie de l’auteur pour l’humanité laborieuse.
La commissaire et les partenaires
L’exposition est commissariée par Virginie Chardin, historienne de la photographie, autrice de rétrospectives de grands photographes humanistes (Willy Ronis, Sabine Weiss, Louis Stettner), de photographes de mode (Frank Horvat) ou de maîtres du paysage (Antonin Personnaz, Pierre de Fenoÿl), notamment pour l’Hôtel de Ville de Paris, le Jeu de Paume à Paris ou les Rencontres d’Arles. Elle conjugue exigence esthétique et exactitude historique, avec la volonté de s’adresser au plus grand nombre, particulièrement à un public éloigné des musées. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages de la collection encyclopédique Photo-Poche d’Actes Sud.
L’exposition est réalisée avec le concours des archives Judith et Lucien Hervé Elkan (Paris), de la Fondation Le Corbusier (Paris), de la Galerie Camera Obscura et Didier Brousse (Paris), ainsi que de la Fab et de la Galerie du Jour Agnès B (Paris).
Questions fréquentes
- Quelles sont les dates et horaires de l'exposition ?
- L'exposition se tient du 9 au 25 décembre 2026, tous les jours (y compris le 25 décembre), de 10h à 13h puis de 14h à 18h.
- Où se déroule l'exposition ?
- Au Pavillon Populaire, Esplanade Charles de Gaulle, 34000 Montpellier.
- Quel est le tarif d'entrée ?
- L'entrée est libre, sans réservation.
Renseignements
Esplanade Charles de Gaulle, 34000 Montpellier, France, Montpellier
Dates : du mercredi 9 décembre 2026 au mardi 12 janvier 2027
Mis à jour le 22 août 2026