En France, l'artificialisation progresse quatre fois plus vite que la population. Malgré la loi Climat et résilience et l'objectif de zéro artificialisation nette, la trajectoire s'infléchit à peine. Pour Patrick Henry, cet écart ne tient pas seulement à un défaut de régulation : il révèle une crise de paradigme, celle d'un modèle extractiviste qui traite le sol comme une surface, un support et un stock à exploiter.
Sa conférence propose d'inverser l'ordre de la décision. À partir du concept d'intra-action de Karen Barad, il définit une trajectoire intractiviste qui reconnaît aux sols une capacité d'agir. Ils ne sont plus le fond sur lequel s'inscrit le projet, mais la figure à partir de laquelle il se constitue.
Ce que la conférence met sur la table
L'intervention s'appuie sur un corpus d'opérations de sobriété foncière, de recherches et d'enseignements du projet, ainsi que sur des retours de terrain. Elle en tire des conséquences concrètes pour la pratique, l'enseignement et la gouvernance : connaître et représenter les sols avant d'intervenir, mobiliser les savoirs situés et faire des sols un commun politique.
Qui est Patrick Henry
Architecte, urbaniste et professeur à l'ENSA de Paris-Belleville, Patrick Henry y dirige le DSA Architecture des territoires (mention projet urbain) et codirige l'unité de recherche IPRAUS. En 2016, il fonde l'agence Pratiques urbaines, consacrée aux stratégies de transformation territoriale, de l'échelle du territoire à celle de la parcelle.
Sa recherche part des sols, compris comme épaisseur physique et milieu vivant, pour interroger la manière dont la sobriété foncière, matérielle, énergétique et opérationnelle redéfinit les cadres et finalités du projet urbano-architectural. Il en fait un opérateur de déplacement des paradigmes dominants : accepter l'incertitude, le temps long et l'inachèvement, s'intéresser aux conditions du projet autant qu'à son élaboration, penser le projet comme processus ouvert, évolutif et situé. Cette approche valorise le réinvestissement de l'existant, bâti ordinaire, friches, territoires en devenir, et une culture constructive attentive aux ressources et aux modes de transformation.
Il préside depuis mai 2026 le LIFTI, laboratoire d'initiatives foncières et territoriales innovantes. Auteur de nombreux articles (Criticat, AMC, d'A, Urbanisme, Annales des Mines, AOC…), il a publié notamment Des tracés aux traces. Pour un urbanisme des sols (Apogée, 2023) et L'horizon commun : explorer les potentiels de la sobriété foncière (dixit.net, 2025). Il est commissaire scientifique de l'exposition itinérante « Des solutions sur mesure », qu'il accompagne dans les territoires d'accueil en dialogue avec les acteurs locaux.
Infos pratiques
Rendez-vous le mardi 17 novembre 2026, de 18h à 20h, à l'École nationale supérieure d'architecture de Nancy, 2 rue Bastien-Lepage. Entrée libre.
Questions fréquentes
- Quand a lieu la conférence de Patrick Henry à Nancy ?
- Le mardi 17 novembre 2026, de 18h à 20h.
- Où se déroule la conférence ?
- À l'École nationale supérieure d'architecture de Nancy, 2 rue Bastien-Lepage, 54000 Nancy.
- Faut-il payer pour assister à la conférence ?
- Non, l'entrée est libre.
- De quoi parle la conférence ?
- De la trajectoire intractiviste des territoires : à partir du concept d'intra-action de Karen Barad, Patrick Henry propose de reconnaître aux sols une capacité d'agir et d'inverser l'ordre de la décision dans le projet urbain, en s'appuyant sur des opérations de sobriété foncière et des retours de terrain.
Renseignements
Mis à jour le 20 octobre 2026