De la rue de Vienne en 1970 aux rituels contemporains du Bénin, l'exposition « Photographier l'action » interroge la manière dont la photographie ne documente pas seulement la performance, mais en devient l'espace, la trace et parfois l'extension même.
Les artistes et leurs œuvres
À travers les œuvres de Günter Brus, Nicola Lo Calzo, Hannah Collins, John Goto, Chantal Regnault, Emo de Medeiros et Sue Williamson, le parcours montre comment, depuis plus de cinquante ans, l'image photographique accompagne, construit et prolonge des gestes performatifs, politiques, rituels et culturels.
- Günter Brus : en 1970, lors de Wiener Spaziergang, il traverse Vienne le corps peint aux couleurs autrichiennes. L'action est éphémère, scandaleuse, presque insaisissable. Ce sont les photographies qui en assurent la postérité, transformant un acte performatif en icône de l'Actionnisme viennois.
- Nicola Lo Calzo : avec le projet KAM, il explore les mémoires des résistances issues de l'esclavage à travers des mises en scène contemporaines. La photographie n'enregistre pas un événement : elle produit l'action, elle est le théâtre où se rejouent les histoires invisibilisées.
- Hannah Collins : dans Routes to Ferran Adrià, elle met en scène les réseaux humains, géographiques et économiques qui relient la cuisine à ses origines. La performance devient diffuse, inscrite dans les circulations et les gestes du quotidien que l'image rend visibles.
- John Goto : les tableaux photographiques de High Summer rejouent, avec une précision quasi picturale, des scènes sociales et politiques. La mise en scène devient un outil critique, où la photographie construit une performance pensée pour l'image.
- Chantal Regnault : en 1990, elle photographie les balls de voguing à New York. Elle saisit une culture performative née dans les marges, où l'identité se construit dans l'instant du défilé. Ses images sont aujourd'hui des archives essentielles d'une scène dont la photographie a assuré la transmission.
- Emo de Medeiros : au Bénin, il documente des cérémonies vaudou où performance rituelle, mémoire ancestrale et contemporanéité se croisent. L'image devient médiation entre visible et invisible.
- Sue Williamson : avec All Our Mothers, elle met en scène la mémoire des femmes sud-africaines ayant résisté à l'apartheid. La photographie devient espace de réparation symbolique, où la performance du souvenir se rejoue devant l'objectif.
Une histoire élargie de la performance par la photographie
L'exposition montre que, de 1970 à aujourd'hui, la photographie est passée du document de l'action à l'outil de mise en scène, puis à l'espace même où la performance existe. Elle révèle comment l'image fixe peut contenir le mouvement, le politique, le rituel et l'intime, et comment la performance trouve dans la photographie une mémoire active plutôt qu'un simple enregistrement.
Cette exposition s'inscrit au sein du parcours Photographie dans les galeries d'art, organisé par le Comité Professionnel des Galeries d'Art.
Questions fréquentes
- Quelles sont les dates et horaires de l'exposition ?
- L'exposition se tient du 18 octobre au 9 décembre 2026, du mardi au samedi (sauf le 31 octobre et le 11 novembre), de 15h à 19h. Fermeture les lundis et dimanches.
- Où se déroule l'exposition ?
- À la Galerie Dominique Fiat, 12 rue Martel, 75010 Paris.
- Quels artistes sont présentés ?
- Günter Brus, Nicola Lo Calzo, Hannah Collins, John Goto, Chantal Regnault, Emo de Medeiros et Sue Williamson.
- Quel est le prix d'entrée ?
- L'entrée est libre et gratuite.
Renseignements
12 rue Martel, 75010 Paris, Paris
Dates : du dimanche 18 octobre 2026 au samedi 19 décembre 2026
Mis à jour le 22 août 2026