Les images vivent leur vie indépendamment de ceux qui les créent. C'est au Nicaragua que Susan Meiselas l'a compris. En 1978, la photographe, tout juste âgée de 30 ans, s'y rend pour la première fois. Elle a auparavant étudié l'éducation par l'image à l'université de Harvard, publié un premier livre très remarqué sur les spectacles de strip-tease et rejoint l'agence Magnum. Dans ce pays d'Amérique centrale, l'insurrection d'inspiration marxiste se transforme alors en guerre révolutionnaire opposant le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) à la Garde nationale du régime dictatorial du Président Anastasio Somoza Debayle soutenu par les États-Unis. Au cours de plusieurs séjours, elle photographie les entraînements, les combats de rue et la victoire de la Révolution. En 1981, une première sélection de ces documents pour l'Histoire est publiée dans un ouvrage sobrement intitulé Nicaragua, juin 1978-juillet 1979.
Depuis cette publication, Susan Meiselas a continué à documenter le destin politique du pays en retournant régulièrement sur place. À chaque fois, elle s'est appliquée à consigner l'usage qui était fait de ses images reproduites sur divers artefacts (T-shirts, timbres, boîtes d'allumettes, etc.) ou des fresques murales, le plus souvent à la gloire de la Révolution, mais aussi, parfois, pour la critiquer ou la combattre. Elle a ainsi constaté que ses photographies étaient désormais douées d'une existence autonome. Avec le temps, un sensible écart s'est instauré entre ce que ses images documentaient et ce qu'elles symbolisaient dans l'imaginaire collectif. Les photographies de Susan Meiselas sont ainsi devenues le lieu même d'une forme de tension entre Histoire et Mémoire. C'est précisément cette dialectique qu'à travers plus d'une centaine d'œuvres, de documents ou d'extraits de film, l'exposition de la Fondation Henri Cartier-Bresson et l'ouvrage qui l'accompagne ont pour ambition d'explorer.
Commissariat
Clément Chéroux, directeur de la Fondation Henri Cartier-Bresson.
Questions fréquentes
- Quelles sont les dates et horaires de l'exposition ?
- L'exposition se tient du 21 octobre au 24 novembre 2026, du mardi au dimanche, de 11h à 19h. Elle est fermée les lundis et le 26 octobre.
- Quel est le tarif d'entrée ?
- Le plein tarif est de 10 euros, le tarif réduit de 6 euros, et la gratuité est prévue pour certains publics.
- Où se déroule l'exposition ?
- À la Fondation Henri Cartier-Bresson, 79 Rue des Archives, 75003 Paris.
Renseignements
79 Rue des Archives, 75003 Paris, France, Paris
Dates : du mercredi 21 octobre 2026 au mercredi 30 décembre 2026
Mis à jour le 22 août 2026