« Ouvrez les rideaux s’il vous plaît. » Après L’Amante anglaise de Marguerite Duras en 2024, Jacques Osinski et Sandrine Bonnaire se retrouvent pour l’ultime œuvre de Sarah Kane, un séisme dans l’histoire du théâtre contemporain. Dans ce texte testamentaire d’une force inouïe, l’autrice livre un chant d’amour, toute sa soif de vie, sa quête absolue de beauté. Plus de vingt ans après sa création en France, 4.48 Psychose renaît dans une nouvelle traduction de Vanasay Khamphommala.
Comme dans L’Amante anglaise, il s’agit de mettre à nu une âme qui se débat. Écrit sans didascalie ni indication de personnages, 4.48 Psychose interroge l’essence du théâtre, repousse les limites des traditions, crée une nouvelle forme à force de chercher la vérité. Le cri qui déchirait L’Amante (« Écoutez-moi, je vous en supplie ») déchire 4.48 Psychose.
Jacques Osinski voit la pièce comme « un affrontement entre une volonté et un empêchement d’exister », une prière que personne ne comprend. Composé presque comme un poème, le texte est fait de voix, peut-être multiples, peut-être une seule. Dans cette version, une « symphonie solo » incarnée par la seule Sandrine Bonnaire, passeuse de ces voix enfermées dans une tête, avançant jusqu’à l’amenuisement des mots et la disparition qui viendra à 4h48. Au milieu de ces voix, une image : celle du médecin qui l’interroge, projetée à l’écran sous les traits de Frédéric Leidgens.
Au cœur de l’œuvre, la folie
« Ils m’aimeront pour ce qui me détruit » est-il dit dans 4.48. Sarah Kane a marqué le théâtre des années 1990, sa première pièce Anéantis frappant comme un coup de poing le paysage théâtral. En 1999, elle se suicidait ; 4.48 Psychose, jouée après sa mort, est apparue comme son testament. Avec le recul, la pièce peut être regardée comme un grand texte, existant indépendamment de l’histoire de son autrice, même si la tentation est grande de percer le mystère Kane. 4.48 est le récit d’une personne qui lutte pour exister, un combat pour la vie. La mettre en scène aujourd’hui dans la nouvelle traduction de Vanasay Khamphommala, c’est aussi affirmer la place de Sarah Kane comme une autrice du répertoire.
Il s’agira d’examiner le concret de l’enfermement, de la psychose. 4.48 Psychose n’est pas un poème mais une œuvre de théâtre. Il s’agit d’incarner la folie, d’échapper à la tentation du « poème dit » comme à celle de mimer à l’excès la folie. « La dépression, c’est de la colère » est-il dit dans la pièce. Explorer la folie, la colère, ce qu’est le jeu théâtral avec une comédienne de la trempe de Sandrine Bonnaire, tel sera l’enjeu.
Questions fréquentes
- Quelles sont les dates et horaires des représentations ?
- Les représentations ont lieu du 24 septembre au 13 novembre 2026, du jeudi au samedi à 19h et le dimanche à 15h.
- Où se déroule le spectacle ?
- Au Théâtre de l’Atelier, 1 place Charles Dullin, 75018 Paris.
- Quel est le prix des billets ?
- Les tarifs vont de 12 à 45 euros.
Renseignements
1 place Charles Dullin 75018 Paris, Paris
Dates : du jeudi 24 septembre 2026 au dimanche 15 novembre 2026
Mis à jour le 2 septembre 2026